Dans la série des "I bet I could be political too", voici une analyse (personnelle) du Rapport du Groupe de travail sur la (également disponible en version française mais en DOC au lieu de PDF - mais je vous ai fait un zouli PDF avec OpenOffice.org...) de l'ONU (news sur Slashdot).

Bon, c'est pas très bien rédigé, c'est des notes que j'ai prises, et c'est parfois plus du résumé que de l'analyse. Souvent, même.

On commence page 2, où l'on nous explique qu'un groupe de travail a été constitué sur le thème de la "Gouvernance de l'Internet", et que ce groupe devra... "élaborer une définition pratique de la gouvernance de l'Internet". Pas mal.

Après une définition somptueusement vague ("chacun reste dans son rôle, mais tout le monde participe... enfin vous voyez, quoi : on reprend les mêmes, mais on change l'aspect du merdier"), le GTGI décide de s'"intéresser au recensement des questions d'intérêt général qui pourraient se rapporter à la gouvernance de l'Internet, en application de l'alinéa b) du paragraphe 13 du plan d'action" (p. 4). Et bien sûr, il adopte "une approche large et [...] n'exclu[t] aucune question qui pourrait se révéler pertinente. Wow. Du grand art. Dans le domaine "remplissage". Mais (notez l'exploit), "sur cette base, il [le GTGI] a déterminé quatre grands domaines d'intérêt général" (p. 4).

En résumé, il faudrait selon eux, et pour continuer la métaphore du gouvernement, quatre "ministères" :

  • un pour l'infrastructure (DNS racines, dorsales...) et la gestion des ressources (adresses IP, etc) ;
  • un pour la sécurité : lutte contre la cyberdélinquance, contre le spam, etc ;
  • un pour les relations avec la RL : droit, copyrights... ;
  • un pour le "développement durable" : amélioration ou construction de la connectivité des PED, etc.

Une image pour distraire les lecteurs qui s'ennuient... Si vous ne la voyez pas... euh... vous connaissez la différence entre un pneu et une tortue ? Y'en a un qu'est en caoutchouc... *ahem*... Enfin voilà.Le rapport évoque ensuite une série de questions :

  • problème d'unilatéralisme de la gestion des DNS racine (par les USA) (§ III.15, p. 4) ;
  • problèmes d'interconnexion des réseaux, et de connexion des PED notamment (§ III.16, p. 5) ;
  • absence de "législation de l'Internet", qui entraîne cyberdélinquance et spam (§ III.17-18, p. 5) ;
  • problèmes de standards fermés : l'"accès aux contenus créés par certaines organisations intergouvernementales et d'autres organisations internationales est souvent [...] d'un coût prohibitif" (§ III.19, p. 5-6) ;
  • absence de politique Internet au niveau mondial, or Internet est un réseau mondial, donc... bein oui, ça coince (idem) ;
  • montée en puissance mal gérée qui entraîne des disparités (§ III.20, p. 6) ;
  • nécessité de revoir l'attibution des noms de domaines sur les TLD (.net, .fr, .org, .com, .info...) (§ III.21, p. 6) ;
  • profiter du passage à IPv6 pour rééquilibrer Nord et Sud (déséquilibre flagrant en IPv4) (§ III.22, p. 6) ;
    • idée (idiote) personnelle : pourquoi ne pas proposer aux PED d'utiliser IPv6, pour ensuite pouvoir "forcer" les autres à le faire, en vainquant les dernières résistances "oui mais sait pas ce que ça donne à grande échelle", puisque de toutes façons on sait faire des passerelles v4/v6 et v6/v4. Quoi je suis utopiste ? :D
  • rééquilibrer la gestion des droits d'auteurs entre auteurs et utilisateurs : nécessité de trouver un juste milieu entre "piraterie" et "oligopoles" (ça serait pas mieux avec un ô ?) (§ III.23, p. 6) ;
  • adéquation répression de la cyberdélinquance / DUDH + liberté d'expression (§ III.24, p.6 - 7) ;
  • protection des données, de la vie privée, des droits de l'utilisateur (§ III.25, p. 7) ;
  • I18N (§ III.27, p. 7) ;
  • d'autres questions sont abordées dans le "rapport de base", mais elles ne sont pas analysées en détail.

Bon. En résumé : un certain nombre de questions importantes sur les plans technique comme utilisateur abordé, une perspective assez indépendante (heureusement pour les Nations Unies !)... Bein pourquoi pas... après ça dépend de ce qu'ils proposent, et de comment ils entendent en pratique mener à bien la gouvernance de l'Internet.

Personnellement, je vois deux solutions :

  1. Ils créent un totalitarisme (pluri-)étatique ;
  2. Ils créent un organe hautement consultatif qui ne sert à rien.

La solution "ils créent une coopération entre tous pour le bien de tous" me semble assez peu probable. Mais ne présageons rien ! Car il y a deux nouvelles :

  • la bonne : j'en suis à la page 7 ;
  • la mauvaise : il m'en reste encore 19 !

Alors... stay tuned pour d'autres billets aussi longs et sans images.